Divorce après 60 ans : vendre en viager pour repartir du bon pied

Vue sur Lyon depuis une fenêtre, symbole d'un nouveau départ après un divorce tardif

Les séparations après 60 ans, ce que les sociologues appellent le « divorce gris », n’ont jamais été aussi fréquentes, et elles posent une équation redoutable : financer deux vies, deux logements et deux vieillesses avec les pensions qui en faisaient vivre une seule. Quand l’essentiel du patrimoine tient dans la maison commune, le viager offre une sortie que peu de couples connaissent : vendre en viager libre au moment de la liquidation, partager le bouquet, et garantir à chacun une rente à vie. Voici comment cela se monte, chiffres à l’appui.

Le « divorce gris », une réalité qui bouscule les retraites

Divorcer à 65 ans n’a rien à voir avec divorcer à 40. Les carrières sont derrière, les pensions sont figées, et il n’y a plus vingt ans de salaires devant soi pour reconstituer une épargne. Or la séparation double les charges fixes, deux loyers ou deux logements à entretenir, au moment précis où les revenus se divisent. Dans la plupart des couples que nous recevons dans cette situation, le patrimoine se résume à la maison ou au grand appartement familial, qu’il faut bien liquider : le vendre, ou que l’un rachète la part de l’autre, ce que les pensions permettent rarement. La vente classique s’impose alors par défaut, souvent dans l’urgence et au prix de l’urgence. C’est exactement là que le viager mérite d’être posé sur la table du notaire, comme une troisième voie que la liquidation ignore trop souvent.

Ce que le viager change dans la liquidation

Vendre la maison commune en viager plutôt qu’en vente classique change trois choses. Le calendrier d’abord : le marché du viager est un marché de demande, et une belle maison s’y vend sans brader, là où une vente classique pressée par la procédure se négocie mal. La nature de ce que chacun reçoit ensuite, et c’est le cœur du montage : au lieu d’un capital unique qu’il faudra faire durer vingt-cinq ans, chaque ex-époux perçoit sa part du bouquet, pour s’installer, et une rente mensuelle à vie, indexée, qui vient compléter sa pension tous les mois. La sécurité enfin : les rentes sont garanties par l’hypothèque légale du vendeur et la clause résolutoire, des protections qu’aucun placement du capital n’égale, avec en prime la fiscalité douce de la rente viagère, imposée sur 30 % seulement de son montant après 69 ans.

Les trois montages, selon qui garde les clés

Tout dépend de qui occupera le logement. Premier cas, le plus fréquent : aucun des deux ne reste, chacun refait sa vie ailleurs. La maison se vend alors en viager libre, sans décote d’occupation puisque l’acheteur dispose du bien immédiatement : c’est le montage le mieux valorisé, et le plus simple à partager. Deuxième cas : l’un des deux reste dans les lieux. La vente se fait en viager occupé à son profit, son droit d’occupation étant valorisé dans les comptes de la liquidation, l’autre recevant une part de bouquet majorée en compensation ; le montage est plus technique et se règle entre notaires. Troisième cas, souvent le plus sage : la liquidation se fait classiquement, chacun se reloge en achetant, puis vend plus tard son propre bien en viager, seul maître à bord cette fois, comme le rappelait notre article sur la liberté de vendre en viager. Il n’y a pas de bon montage dans l’absolu : il y a celui qui colle à votre après.

Un exemple chiffré en viager libre

À titre d’illustration, prenons une maison commune de la métropole lyonnaise estimée 400 000 €, vendue en viager libre par un couple qui divorce à 66 et 68 ans. Pas de décote d’occupation : la valeur retenue est la valeur pleine. Le montage peut prévoir un bouquet de 120 000 €, soit 60 000 € chacun pour financer les installations, et le solde converti en deux rentes distinctes d’environ 500 € par mois chacune, calculées sur la tête de chaque ex-époux, versées séparément et à vie. À ces âges, l’aléa est long, c’est ce qui rend l’opération attractive pour l’acheteur ; pour les vendeurs, 60 000 € comptant et 500 € mensuels indexés qui s’ajoutent à la pension changent concrètement les deux fins de mois. Chaque dossier a son équilibre, selon les âges et les besoins, suivant les méthodes de notre article sur le calcul de la rente viagère.

Les points de vigilance propres aux ex-époux

Quatre précautions font la différence entre un montage qui apaise et un montage qui prolonge le conflit. Des rentes distinctes d’abord : deux rentes individuelles, une par tête, versées sur deux comptes, plutôt qu’une rente commune à se partager, et bien sûr sans réversion entre ex-époux, chacun son aléa, chacun sa sécurité, à l’inverse du viager sur deux têtes des couples unis. La coordination des conseils ensuite : le notaire de la liquidation fixe les droits de chacun, le spécialiste du viager calibre et trouve l’acquéreur, et les deux doivent travailler ensemble dès le début. L’articulation avec la prestation compensatoire encore, qui peut se régler précisément grâce au bouquet. L’unanimité enfin : un bien commun ne se vend qu’à deux, comme pour tout bien en indivision ; le viager suppose donc un accord, et il est souvent plus facile à trouver qu’on ne le croit, car il ne désigne ni gagnant ni perdant : les deux repartent avec la même chose. Pour étudier votre situation, en toute confidentialité, parlez-nous-en, ou commencez par une estimation gratuite du bien à partager.

Questions fréquentes

Peut-on vendre en viager pendant la procédure de divorce ?

Oui, dès lors que les deux époux y consentent : un bien commun ou indivis ne se vend qu’à deux signatures, pendant la procédure comme après. En pratique, la vente en viager s’organise le plus souvent au stade de la liquidation du régime matrimonial, en coordination entre le notaire chargé du divorce et le spécialiste du viager, pour que la répartition du bouquet et des rentes s’inscrive proprement dans les comptes de la liquidation.

Comment se partagent le bouquet et la rente entre ex-époux ?

Selon les droits de chacun dans la liquidation : moitié-moitié pour un bien commun en communauté légale, au prorata des quotes-parts en cas d’indivision inégale. Le bouquet se partage le jour de la signature. Pour la rente, nous recommandons de stipuler deux rentes distinctes, calculées sur la tête de chaque ex-époux et versées séparément : chacun perçoit la sienne, sa vie durant, sans lien avec l’autre ni comptes à faire.

Et si un seul des deux veut vendre en viager ?

Sur un bien commun ou indivis, l’accord des deux reste indispensable : celui qui refuse peut proposer de racheter la part de l’autre, ou la vente se fera classiquement dans le cadre de la liquidation. En revanche, chacun reste entièrement libre pour ses biens propres : après le divorce, vendre en viager l’appartement reçu en héritage ou racheté ne demande l’accord de personne.

Un nouveau départ à financer ?

Bouquet partagé, deux rentes à vie : nous étudions votre situation avec votre notaire, en toute confidentialité.